Etre dans une maison de retraite, c’est sûr, c’est la fin du respect. Quand on y va, ça veut dire je suis fini,  je ne suis plus rien, tout le monde, y compris moi, n’attend plus qu’une chose : la mort, cette triste fin de l’ennui. ” Vous pouvez lire ces mots très durs dans le livre l’Élégance du hérisson de Muriel Barbery. Mais cette phrase choc est elle si éloignée de la réalité ?  La conclusion du rapport de l’Observatoire national de la fin de vie est accablante: «La fin de la vie des personnes âgées pourrait devenir un véritable naufrage social». Vivre en maison de retraite est difficile pour beaucoup mais pour certains c’est un calvaire. Ne nous voilons pas la face vis à vis des chiffres qui font froid dans le dos

Saviez vous que le premier établissement spécifiquement conçu pour les personnes âgées en France est la “Maison Royale de Santé”, dont sa création date du règne de Louis XVI. Et  cet établissement existe toujours, à Paris dans le quatorzième arrondissement , à proximité  de la place Denfert-Rochereau?

En France, nous comptons 11,5 millions de personnes qui ont plus de 65 ans dont 684 254 personnes qui vivent en maison de retraite. Il faut savoir que, pour la tranche d’âge des  75-79 ans, 3 % vivent dans un établissement pour personnes âgées, et pour celle des 90- 99 ans, 22% des hommes et 37% des femmes vivent dans une maison de retraite.

Mais seulement 25% des pensionnaires ont choisi volontairement d’y séjourner. Ce qui signifie que 75% des résidents des maisons de retraite n’ont pas eu le choix ! La maison de retraite est donc perçue comme une étape obligée, subie et douloureuse. Mais une étape vers quoi ? Le nombre de personnes qui retournent à leur domicile après un passage en maison de retraite est très faible. Souvent la maison de retraite est donc le dernier lieu de vie.

Et là, les chiffres sont accablants, la vie en maison de retraite est souvent associée au mot “prison, fin, dépendance, mouroir”, on est donc très loin d’une représentation positive des établissements d’accueil. En effet, pour 84% des résidents, ce n’est pas gai d’être en maison de retraite, et autre chiffre qui fait froid dans le dos et dont personne ne parle : 40% des pensionnaires sont dépressifs ! 

Si l’on analyse encore de plus près le  rapport de l’Observatoire  de la fin de vie, on apprend avec effroi que 90 000 personnes meurent chaque année en maison de retraite. Sur les 685 000 personnes résidentes, cela signifie que 13% des personnes en maison de retraite décèdent tous les ans ! Ce chiffre est à mettre en parallèle avec les 13 000 personnes âgées qui meurent aux urgences. 

Les conditions de vie sont souvent difficiles, quelquefois déplorables et les derniers faits divers de maltraitance dans les maisons de retraite nous ont plongé dans un profond dégoût. Souvenez vous de l’affaire sordide de Chambéry avec cette aide soignante qui est soupçonnée d’avoir empoisonné neuf résidentes. Ou bien de cette maison de retraite fermée au mois de juillet dans l’Yonne pour des cas de maltraitance fréquents sur les pensionnaires.

Et pourquoi seulement 14% des maisons de retraite ont une infirmière de nuit ? 

Bien sur, il existe de nombreuses maisons de retraite confortables, avec du personnel à l’écoute, une cuisine gourmande, des animations variées et des soins personnalisés. Il ne faut pas noircir le trait mais dans ce cas, combien faut-il débourser ? Qui ose parler du coût exorbitant des maisons de retraite ? Savez vous que le coût moyen d’une place en maison de retraite se monte à 1857€ chaque mois ( on évoque même le chiffre de 3500€ dans certaines régions! ) ! 61 €  c’est le montant que vous devez acquitter chaque jour  en établissement spécialisé. C’est plus que le revenu quotidien moyen d’un actif  ! C’est pour cela que seulement 39% des personnes âgées sont capables de payer leur maison de retraite et 25% sont même obligées de vendre leur patrimoine ! 

La société se doit de modifier les conditions d’accueil des pensionnaires mais aussi du personnel dans les maisons de retraite. Mais quel politique aura le courage d’ouvrir les yeux sur ce problème de société ?