urgentUn décret paru au Journal Officiel le jeudi 30 juin est passé totalement inaperçu. Il officialise une partie de la loi sur le vieillissement dont nous vous avions déjà parlé. Dans ce décret il est précisé “Ouvrir la possibilité aux personnes âgées d’au moins 65 ans, résidant en France depuis 25 ans et ayant des enfants français d’obtenir la nationalité française par déclaration” 200 000 étrangers de plus de 65 ans pourraient ainsi devenir français.  Qui en parle? 

Une question se pose: des questions qui touchent la nationalité doivent-elles être traitées lors du débat sur le vieillissement et l’autonomie des personnes âgées? Mais des parlementaires ont déclaré que parler des retraités étrangers lors d’un texte sur l’immigration, c’est risquer la “stigmatisation”. C’est pourquoi l’acquisition de la nationalité pour des étrangers de plus de 65 ans est sorti du chapeau lors de l’examen de loi préalable sur le vieillissement.

L’article 28 bis de cette loi est l’objet de violents débats. D’ailleurs voilà des propos relatifs à ce débat prononcés dans hémicycle “Ces personnes ont participé à l’expansion et à l’équipement de notre pays, notamment dans le secteur du bâtiment. Elles ont d’ailleurs souvent été victimes d’accidents du travail et les chiffres à cet égard sont éloquents. Ces personnes, tout le monde ici le reconnaît, méritent d’être respectées et d’avoir des droits, ceux des salariés retraités qui ont travaillé toute leur vie. Il faut cesser de parler et passer aux actes” “Cela dit, ce texte, qui concerne les retraités âgés, est-il le plus adapté ? L’amendement de Mme la rapporteure précise bien que cette disposition concerne les personnes de plus de 65 ans. Elle a donc sa place dans ce texte”

Cette mesure de “générosité” selon les dires du gouvernement pourrait concerner plus de 200 000 retraités étrangers, appelés les “chibanis“. Ces étrangers souvent venus pour construire et reconstruire notre pays vont pouvoir devenir français de manière “rapide et simplifiée”. Avant cette loi, les critères d’âge et de revenus sociaux ne rentraient pas en compte pour devenir français. Seule la justification d’une insertion sociale et professionnelle était la règle. Le législateur a donc introduit une notion d’âge concernant la nationalité, ce qui est tout à fait nouveau. Auparavant, pour être français, il fallait que les parents le soient. Maintenant, c’est l’inverse on peut devenir français, si les enfants le sont.

Madame Rossignol, la Ministre des personnes âgées a déclaré “Je le répète, l’article 28 bis est un article de générosité et plus il recueillera l’unanimité dans cet hémicycle, plus l’adhésion qu’il rencontrera dans le pays sera forte et plus nous réparerons une injustice”

Ces immigrés dont 65% n’avaient jamais fait de demande de naturalisation, car trop compliqué, trop long, trop difficile ne se sentaient ni français ni étrangers. Ils sont victimes du phénomène de double-absence comme l’écrivent les sociologues. Certains retraités étrangers vivent dans les mêmes foyers depuis 30 ans ou 40 ans. Ils sont venus travailler en France pendant les 30 glorieuses et n’en sont jamais repartis. Ils ont payé des impôts et des cotisations toute leur carrière professionnelle mais ne sont jamais rentrés dans leur pays.

Récapitulons pour devenir français, il faut trois conditions :

-avoir plus de 65 ans,

-séjourner de façon régulière en France depuis 25 ans soit depuis 1989,

-être parent d’enfant français.

Les retraités étrangers concernés n’ont qu’à déposer un dossier au préfet de leur département démontrant qu’ils réunissent les 3 conditions fixées par la loi.

Le minimum vieillesse est donné aux étrangers retraités si et seulement si ils résident en France depuis 10 ans, maintenant s’ils deviennent français, cette condition de durée n’existera plus. Mais comme il faut avoir séjourné 25 ans pour devenir français après 65 ans alors cela ne changera pas grand chose pour cette allocation.

Déjà sur la toile, les commentaires sont nombreux: voilà un petit florilège “coûter cher” “Pauvre France” “normal” “On croit rêver” “reconnaissance” “appel d’air” “générosité” “ce n’est pas le moment”…

Et vous quel est votre avis, ouvrons le débat !