Il faut lire d’urgence le rapport “L’état de la pauvreté en France 2017” édité par le Secours Catholique. Le constat est édifiant:  “Cette  évolution traduit une fragilisation relative et progressive de la situation des seniors” et “lereflet d’une paupérisation des personnes âgées” En 2010, 7,6% des personnes accueillies par le Secours Catholique avaient plus de 60 ans, en 2016 ce chiffre monte à 9,6%. Soit une hausse de 14% en 6 ans! Les personnes âgées s’appauvrissent d’année en année et c’est dramatique. A 30 ans, on peut essayer de s’en sortir, trouver un boulot, une formation, changer de vie et ne pas dépendre uniquement de la solidarité. La problématique n’est pas la même à 85 ans, on ne va pas se mettre à fréquenter pôle emploi pour trouver un travail…

Un pays qui ne s’occupe pas dignement de ses aînés est un pays qui se meurt. Certains chiffres concernant la pauvreté des retraités font froid dans le dos :

  • 48 254 personnes de plus de 65 ans  ont été accueillis par le Secours Catholique en 2016 ce qui représente 9,6% du total ( 3% des étrangers accueillis avaient au moins 65 ans).
  • L’indice de fragilité, selon le secours catholique, est passé de 0,17 en 2010 à 0,21 en 2016. C’est le rapport entre la proportion d’une catégorie de personnes observée au Secours Catholique et la proportion de la même catégorie observée dans la population française totale.
  • En un an 14 360 retraités supplémentaires ont bénéficié des Restos du Cœur.
  • Notre pays compte selon les chiffres de l’INSEE, 39 000 retraités pauvres supplémentaires en 1 an.

Dans le troisième rapport du comité de suivi des retraites, on peut lire cette phrase “Néanmoins la divergence d’évolution entre les revenus des actifs et ceux des retraités pourrait faire resurgir un risque de pauvreté ce qui appelle, pour l’avenir, une vigilance particulière”

La situation des petits retraités, ou si vous préférez des retraités pauvres ne s’améliore pas, quoi qu’en disent certains. Et ce n’est pas avec la hausse misérable du minimum vieillesse cette année que le sort des retraités en difficulté va s’améliorer.

Un autre point est évoqué dans le rapport 2015 du Secours Catholique, la pauvreté des aînés est beaucoup plus importante dans les zones rurales que dans les villes. Si vous ajoutez à ces difficultés financières, le fait que 21% des personnes âgées à la campagne ressentent un sentiment d’isolement, alors on est en droit de s’interroger sur le sentiment légitime d’abandon que peuvent subir les personnes âgées dans les zones rurales.

Mais de tous ces chiffres, de la situation très difficile que rencontrent certaines personnes âgées, qui s’en soucie vraiment ? Qui se mobilise ? Qui en parle ?Personne ou si peu de monde et c’est honteux !