Mon pied droit est jaloux de mon pied gauche. Quand l’un avance, l’autre veut le dépasser. Et moi, comme un imbécile, je marche !” Raymond Devos n’avait pas tort. Il est certain que le pied peut être l’objet de nombreuses affections dans le cadre des pratiques sportives, compte tenu de sa complexité anatomique. Il existe à son niveau une structure osseuse et articulaire importante mais aussi musculaire et tendineuse.

L’appui plantaire d’un pied normal se fait au niveau de trois points : base du petit orteil, base du gros orteil, et talon. Ces différents éléments peuvent être le siège de lésions, de gravité variable, dont le diagnostic clinique est parfois difficile. L’architecture du pied permet une adaptation aux mouvements complexes, assurant la stabilité, l’élasticité au cours de la pratique sportive. Ces éléments anatomiques peuvent être atteints par une lésion dégénérative (usure d’un tendon, arthrose d’une articulation   …) ou par une lésion traumatique.

Il est indispensable de porter un diagnostic précoce pour ne pas handicaper l’activité de façon prolongée et assurer un traitement le mieux adapté. Le senior en forme est souvent adepte de sports afin d’entretenir son état physique et maintenir une vie relationnelle après avoir quitté son activité professionnelle. Cette activité, médicalement recommandée, doit évidemment être adaptée à l’état de santé et tenir compte des affections médicales dont il peut être porteur. Il est donc nécessaire de solliciter son médecin traitant sur le bien fondé de telle ou telle activité avant de l’entreprendre.

Le médecin procédera tout d’abord à un examen minutieux à la recherche d’un point douloureux, d’un gonflement, d’un hématome, d’une laxité (relâchement) ligamentaire, d’un trouble statique à l’aide d’un appareil très simple (podoscope) qui visualisera les anomalies de l’empreinte du pied.

Il demandera, si nécessaire, en fonction du résultat de son étude clinique,  des examens complémentaires allant de simples radiographies à une échographie (plus axée sur l’étude des tendons) ou à un examen scanographique ou par IRM très utile pour préciser une lésion osseuse peu visible, un ligament ou un cartilage suspect.

 Une fois le diagnostic posé, le traitement sera fonction du type de lésion constatée. Il sera essentiellement médical basé sur le repos, une thérapeutique médicamenteuse, et éventuellement des soins de kinésithérapie ou de physiothérapie. Parfois, il sera nécessaire de recourir à la chirurgie orthopédique (rupture du tendon d’Achille par exemple).

Le traitement préventif est essentiel dans ces affections du pied. Il faut corriger les troubles d’appui avec réalisation de semelles orthopédiques ou de talonnette par un podologue compétent qui saura effectuer un examen soigneux avant la réalisation de ces orthèses (appareils correcteurs)

Les chaussures évidemment doivent être adaptées à la pratique du sport effectué, toujours confortables, avec une semelle « amortissante ».

Il ne faut pas , bien sûr, oublier après l’effort, les soins locaux en traitant immédiatement toute « ampoule », en ne négligeant pas la découverte d’une petite mycose (champignon parasite de la peau) favorisée par la transpiration, un durillon, une plaie cutanée superficielle ou un hématome sous un ongle (souvent au niveau du gros orteil chez le randonneur). Tous ces soins, s’ils ne peuvent être effectués personnellement, seront confiés à un pédicure médical. Ceci évitant souvent le passage à la chronicité ou l’aggravation de la lésion qui pourrait interdire le sport pendant de nombreuses semaines.

Et n’oubliez pas que “même un cul-de-jatte peut prendre son pied !” selon les mots de  Pierre Doris