« Docteur, j’ai des difficultés pour lacer mes chaussures »

Ce « signe du soulier » est évocateur d’une lésion de la hanche et votre médecin, après un examen clinique soigneux et la réalisation de radiographies confirmera souvent l’arthrose d’une hanche (coxarthrose). Cette articulation est le siège fréquent de ce type de rhumatisme dégénératif (voir l’article sur l’arthrose publié précédemment) qui débute généralement après la cinquantaine et se retrouve, de manière comparable, dans les deux sexes.

Une coxarthrose peut être liée à une malformation de la hanche, à un traumatisme (dite alors coxarthrose secondaire) ; elle est le plus souvent primitive, survenant sans cause apparente et à tendance à devenir bilatérale et à s’accompagner d’autres lésions dégénératives (colonne vertébrale, genoux).

L’arthrose de la hanche se caractérise par une douleur de type « mécanique » quelquefois localisée au genou ( ce qui peut induire en erreur pour le diagnostic), plus ou moins calmée par le repos, déclenchée ou accentuée par la marche, la fatigue, le port de poids. Ces phénomènes douloureux majorés au « dérouillage » de l’articulation, s’accompagnent d’un enraidissement handicapant certains gestes quotidiens : mettre ses chaussures, s’asseoir sur un siège bas, monter ou descendre un escalier, marcher en terrain accidenté.

L’examen, pratiqué par votre médecin  de famille, retrouvera une raideur à la mobilisation de l’articulation. Il demandera alors un examen radiographique, généralement du bassin et des deux hanches pour confirmer cette coxarthrose et son degré d’évolution. Parfois il sera utile de confirmer la lésion par un examen scannographique ou une IRM permettant, notamment, d’apprécier l’état du cartilage articulaire.

Cette imagerie médicale pourra aussi objectiver une malformation qui nécessiterait alors un traitement chirurgical particulier et plus précoce.

L’évolution de la maladie est souvent lente et progressive. Le début est assez insidieux avec quelques poussées douloureuses résolutives puis les lésions s’aggravent : la distance de marche diminue, la limitation des mouvements s’accentue, la boiterie s’installe.

La bi latéralisation de la coxarthrose n’est pas rare, soit d’emblée soit successivement avec un intervalle variable. Cette aggravation, l’atteinte des deux côtés peuvent entraîner, à un stade avancé, une infirmité extrêmement pénible.

Au début, le traitement sera médical, reposant sur le ménagement articulaire (en évitant la marche prolongée, les stations debout immobile, le port de poids ….), la lutte contre une surcharge pondérale (une perte de 1KG allège l’articulation de 4 KG). L’aide d’une canne peut être utile dans certaines circonstances.

La kinésithérapie luttera contre l’enraidissement progressif et la fonte musculaire de la cuisse. Au début, sous le contrôle d’un auxiliaire médical, elle devra être poursuivie de façon personnelle et quotidienne.

Pour passer une phase douloureuse, votre médecin de famille, prescrira un antalgique, un anti-inflammatoire (avec prudence surtout à partir d’un certain âge). Un traitement médicamenteux de fond anti-arthrosique sera quelquefois proposé avec un résultat assez inconstant.

La prescription d’une cure thermale pourra être aussi conseillée, compte tenu de son rôle actif sur le cartilage, de la rééducation en piscine et du repos observé (voir l’article précédent sur la crénothérapie).

Cependant c’est la chirurgie qui a révolutionné le traitement de cette affection. Elle peut être précoce afin de corriger certaines défectuosités morphologiques, ou plus tardive en cas de coxarthrose primitive.

Le traitement orthopédique sera envisagé conjointement avec le chirurgien spécialiste et le patient qui est le seul juge de son handicap et prendra une part importante dans la décision.

Ce traitement chirurgical reposera essentiellement sur la mise en place d’une prothèse totale de hanche, qui a considérablement évoluée au cours de ces dernières années. La durée d’hospitalisation et de la rééducation pour une telle intervention ont été notablement réduites et le pourcentage de bons résultats n’a fait que s’améliorer au fil des ans depuis la pose des premières prothèses, il y a quelques dizaines d’années.