Docteur, j’ai mal au coude et je suis gêné pour jardiner, pour golfer , pour jouer au tennis ou pour bricoler ! 

Les douleurs de cette articulation sont fréquentes. Elles peuvent avoir des origines diverses mais sont souvent liées à une inflammation tendineuse (tendinite). C’est au coude que l’on retrouve le plus fréquemment cette atteinte qui peut gêner de façon conséquente le senior actif dans certaines de ses activités quotidiennes ou de loisirs.

Cette douleur, que l’on constate dans les deux sexes, prédomine à droite, compte tenu de la plus grande fréquence de sujets droitiers .Elle siège, dans la majorité des cas, sur le côté externe de l’articulation, prenant quelquefois un caractère assez intense avec diffusion à l’avant-bras. Elle est accentuée par certains mouvements réalisés au cours d’activités sportives : tennis (tennis elbow), golf, jardinage, bricolage, et en musique utilisation d’instruments à corde. Ces phénomènes douloureux sont majorés par le port et le soulèvement de poids ou certains gestes quotidiens : visser, couper, verser à boire, ouvrir une porte….Ils peuvent aussi réveiller le patient.

Le début de cette tendinite est rarement brutal ; il est surtout progressif, insidieux,  parfois déclenché par un choc direct sur le coude.

 Le médecin traitant, après un interrogatoire minutieux,  un examen clinique mettant en jeu les différents mouvements du coude, et une étude musculo-tendineuse détaillée de cette région, confirmera l’inflammation d’un tendon sur la face externe et vous informera du diagnostic : «   vous avez très certainement une épicondylite, »  c’est-à-dire une atteinte  des muscles venant se fixer sur une région osseuse du coude (épicondyle).

La lésion tendineuse de la face interne de cette articulation, beaucoup plus rare, se nomme épitrochléïte, s’accompagnant de douleurs ressemblant à celles de l’épicondylite.

Le médecin traitant conseillera, malgré un diagnostic pratiquement évident, un examen radiologique des deux coudes (à but comparatif). Exceptionnellement il envisagera un complément d’imagerie médicale :(échographie, scanner ou IRM) s’il évoque une autre lésion osseuse ou articulaire associée. S’agissant d’une inflammation péri-articulaire la radiographie osseuse est généralement  normale.

L’évolution de cette affection est capricieuse. Elle peut se faire, sous l’influence d’un traitement, progressivement, en quelques semaines,  vers la guérison. Certaines formes sont récidivantes, reprenant à l’effort ou même spontanément. Parfois, elles sont rebelles (heureusement les plus rares) durant plusieurs années et pouvant alors faire évoquer une autre cause rhumatismale associée.

 Sur le plan thérapeutique, votre médecin de famille, éventuellement avec les conseils d’un médecin spécialiste rhumatologue, vous recommandera, tout d’abord, des mesures préventives permettant d’éviter l’aggravation ou le passage à la chronicité de la lésion. Il vous prescrira une mise au repos de cette articulation durant quelques semaines,  souvent gênante dans la vie quotidienne. Un traitement médicamenteux antalgique et anti-inflammatoire général et local sera envisagé en prenant toute précaution vis-à-vis des anti-inflammatoires oraux chez le patient après soixante ans.

Les infiltrations (injections locales) d’un anti-inflammatoire (cortisone) seront parfois réalisées au niveau du tendon avec toutes les précautions habituelles pour ce genre de geste, notamment d’asepsie.

D’autres soins locaux : acupuncture, physiothérapie (ultrasons) pourront aussi avoir un rôle bénéfique.

Le traitement chirurgical doit être plus qu’une exception et son indication, longuement  discuté avec un chirurgien orthopédiste qualifié.

 Tendinite « banale » par sa fréquence, l’épicondylite peut s’accompagner chez le senior actif d’une gêne douloureuse tenace du coude,  se répercutant sur un grand nombre d’activités quotidiennes et de loisirs.

 Il faut savoir y penser et consulter son médecin traitant plutôt que de voir s’installer une inflammation chronique dont on aura la plus grande difficulté, parfois, à se débarrasser.