copéPour notre site Senior en Forme, Jean-François Copé, candidat à la primaire des Républicains, détaille son projet en matière de retraite,du chômage des seniors, du minimum vieillesse, du coût des maisons de retraite. Monsieur Copé fait des propositions chocs “Une politique spécifique en faveur des seniors est indispensable” “Porter à 65 ans l’âge légal de départ à la retraite d’ici 2026” “Je propose plutôt d’alléger la fiscalité des retraités” “Je souhaite rétablir la majoration d’une demi-part fiscale supplémentaire pour les veufs et les veuves”“Je propose de supprimer le caractère férié du 8 mai pour financer la recherche contre Alzheimer“. Découvrez en exclusivité l’ interview de Jean-François Copé: 

Seniorenforme : Comptez-vous mener une politique spécifique en faveur des retraités ? Si oui, quelles sont vos propositions en faveur des retraités ?
JF. Copé : Une politique spécifique en faveur des seniors est indispensable non seulement parce qu’elle fait partie de l’ADN du modèle français mais aussi parce que les retraités sont confrontés aujourd’hui à des enjeux de premier ordre. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 15 millions de Français de plus de 65 ans, 1,3 million de personnes âgées dépendantes, 600 000 places disponibles en maisons de retraite, 300 milliards € de dépenses de retraite, +225 000 malades d’Alzheimer chaque année, +11% de seniors au chômage en 2015.
Pour répondre à ces enjeux, mes propositions s’inscrivent dans de nombreux domaines, de la fiscalité à la lutte contre Alzheimer en passant par le régime des retraites.

Seniorenforme : Comptez-vous augmenter les retraites ?
JF. Copé : Je souhaite avant tout réformer l’ensemble de notre régime de retraite pour assurer sa survie. Notre régime de retraite a été l’objet de réformes successives qui l’ont profondément remis en cause sans apporter de solution satisfaisante puisqu’un déficit de 10 milliards € par an demeure.
Je souhaite donc mener une réforme d’ensemble qui s’inscrit autour de deux grands axes pour ne plus reculer. Tout d’abord, porter à 65 ans l’âge légal de départ à la retraite d’ici 2026 en allongeant la durée de cotisation nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein d’un trimestre tous les deux ans, en permettant aux salariés de disposer d’un minimum de revenu de remplacement stable en l’indexant sur le PIB, en continuant de prendre en compte les deux critères de l’âge et de la durée de cotisation en les adaptant à l’augmentation de l’espérance de vie et en simplifiant la prise en compte de la pénibilité sur la base d’une liste de professions identifiées. Ensuite, je propose d’unifier l’ensemble des régimes de retraite en supprimant les 35 régimes de notre système de retraites au profit d’un régime unique et en fusionnant l’ensemble des caisses de retraite (CNAV, Caisse des pensions civiles et militaires des fonctionnaires de l’Etat, CNRACL et MSA).
C’est ainsi que nous parviendrons à pérenniser notre régime de retraite.

Seniorenforme : Que comptez-vous faire pour le chômage des seniors ?
JF. Copé : Le chômage des seniors est l’une des principales expressions de la sclérose de notre système économique dans son entier. Pour sortir de cette sclérose, il faut donner de la liberté économique à tous les étages.
Nous devons libérer le travail. Je propose de baisser les charges des entreprises en effectuant un choc fiscal de 35 milliards de baisses d’impôts pour les entreprises (30 milliards de charges en moins et 5 milliards de baisse d’impôt sur les sociétés). Une partie de ces charges sera transférée sur la TVA. Je souhaite également une libéralisation du marché du travail grâce au référendum d’entreprise qui lèvera tous les blocages (notamment syndicaux) sur l’organisation du travail. J’ajoute qu’il faut aussi mettre fin au paritarisme qui se traduit par une gestion contestable des caisses (structurellement en déficit) et une cogestion de fait de la France avec les syndicats.
Je propose par ailleurs de libérer l’entrepreneur en mettant à disposition de chaque Français un numéro de SIRET, à l’image du numéro de Sécurité sociale, dès l’âge de 16 ans.
Libérer l’économie à tous les étages libérera le travail des seniors.

Seniorenforme : Quelles sont vos propositions concernant le minimum vieillesse ?
JF. Copé : Certains retraités attendent légitimement une revalorisation du minimum vieillesse. Seulement, le minimum vieillesse a déjà augmenté de 25% sous le dernier quinquennat de droite et aujourd’hui, le Fonds de solidarité vieillesse qui le finance présente un déficit de 4 milliards €. Dans ce contexte, je propose plutôt d’alléger la fiscalité des retraités.
D’une part, je souhaite rétablir la majoration d’une demi-part fiscale supplémentaire pour les veufs et les veuves. Il est tout à fait aberrant que la demi-part des veuves et des veufs ait été supprimée progressivement depuis 2009 et cesse complètement de produire son effet depuis 2014. Plus de 3,5 millions de contribuables sont concernés par la suppression. Cette décision a entraîné une augmentation démesurée des impôts de certains retraités, d’autant plus que s’est ajoutée dernièrement la fiscalisation de la majoration de 10% des pensions de retraités ayant eu au moins trois enfants. Ces mesures sont une négation du dévouement de nos aînés pour leurs enfants ou pour la France.
D’autre part, il faut réduire l’imposition sur le capital par la suppression des droits de succession jusqu’à 400 000 € comme en Allemagne afin de donner une chance à nos enfants d’hériter de notre labeur.

Seniorenforme : Comptez-vous encadrer les tarifs des maisons de retraite ?
JF. Copé : Encadrer les tarifs des maisons de retraite n’est pas la mesure la plus urgente puisque de toute façon nous faisons face à une grande pénurie de lits. L’urgence est à la réflexion autour d’une politique de la dépendance qui priorise le soutien à domicile.
Il faut en premier lieu prévenir la perte d’autonomie en permettant aux seniors de vivre une retraite active le plus longtemps possible. Je propose un plan de lutte contre la maladie d’Alzheimer. Près d’1 million de personnes sont aujourd’hui atteintes de la maladie d’Alzheimer, avec 225 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année. La France fait partie des pays où le nombre de malades est le plus élevé.
En 2020, 1 Français de plus de 65 ans sur 4 pourrait être touché par la maladie. Non seulement cette maladie réduit l’espérance de vie mais en plus elle anéantit les possibilités de profiter d’une retraite active. Or il n’existe à l’heure actuelle aucun traitement curatif pour la guérir ni d’ailleurs aucun traitement préventif pour l’éviter. Nous devons absolument renforcer la recherche pour lutter contre ce fléau. Je propose de supprimer le caractère férié du 8 mai pour financer la recherche contre Alzheimer.
Il me semble aussi indispensable de favoriser les innovations technologiques en faveur de l’autonomie, notamment pour l’adaptation du logement à l’avancée en âge.
Enfin, nous devons soutenir le développement des SSIAD pour accompagner au mieux, chez elles, les personnes âgées seules dépendantes.