dupuytrenMonsieur, vous avez une maladie de Dupuytren. Cette maladie a été décrite en 1831 par le Baron de Dupuytren, un des plus grands chirurgiens français de l’époque. Cette affection est due à un épaississement suivie d’un durcissement anormal de l’aponévrose palmaire (membrane séparant les tendons des doigts de la peau) au niveau de la paume de la main.
Cette atteinte localisée au début, non douloureuse, s’accompagne de « bosses » ou « nodules » (petites boules de consistance dure), de cordes et de brides indurées qui se forment dans les axes des doigts, évoluant vers la rétraction, les doigts les plus touchés étant l’annulaire et l’auriculaire. Cette rétraction est irréductible et peut fixer le doigt en « crochet» l’empêchant de le déplier. Ceci entrainant évidemment des difficultés fonctionnelles : tenir un manche d’outil, écarter les doigts, jouer d’un instrument de musique, pratiquer certains sports : tennis, golf…
Les causes de cette maladie, que l’on a appelé aussi (en 1831 !) maladie des cochers ou des notaires, ne sont pas totalement connues mais la survenue de cas groupés dans une même famille suggère une influence génétique possible. Les hommes sont le plus souvent atteints, surtout ceux ayant exercé certaines professions manuelles (maçons, agriculteurs, ouvriers se servant de marteau piqueur ….).

La maladie de Dupuytren n’a jamais été reconnue comme maladie professionnelle.

Quand traiter cette maladie ?
En général on intervient lorsque l’on ne peut étendre complètement le doigt sur le plan de la table. Dupuytren avait proposé une technique chirurgicale assez complexe mais depuis quelques années, on pratique une aponévrotomie à l’aiguille: on introduit, après anesthésie locale, une aiguille très courte et très fine dans la paume qui permet de sectionner les cordons fibreux et de disséquer les nodules. Ensuite un simple étirement sur le doigt permet la rupture de la corde et la récupération de l’extension du doigt. Il n’y a aucune cicatrice. Un pansement gardé trois jours et une mise au repos durant huit jours sont recommandés.
Ce traitement peut être réitéré plusieurs fois en cas de récidive et se pratique en chirurgie ambulatoire sous anesthésie locale.