Pour notre site Senior en Forme, Marine Le Pen détaille son projet en matière de retraite,du chômage des seniors, du minimum vieillesse, du coût des maisons de retraite. Madame Le Pen fait des propositions chocs “Je tiens  à ramener l’âge légal à soixante ans sans décote pour ceux qui auront leurs quarante annuités”mais aussi “je rétablirai les avantages fiscaux dont bénéficiaient les retraités, notamment la demi-part des veufs et veuves et la défiscalisation de la majoration de retraite pour les parents de trois enfants” ou”les retraites actuelles ne permettent pas à tous nos concitoyens les plus âgés de vivre de façon décente. Je m’attacherai donc à revaloriser les plus faibles d’entre elles” Découvrez l’interview exclusive  de Marine Le Pen : 

Nous vous livrons les réponses de Madame Le Pen à nos questions sur les retraites:

Paris, le 24 février 2017

Quelles sont vos propositions en faveur des retraités ?
Les très petites retraites risquent de se multiplier avec les réformes qui repoussent l’âge de départ alors que les séniors sont déjà trop souvent au chômage. De plus, les générations qui arrivent désormais à la retraite ont souvent connu des carrières compliquées, marquées par des interruptions, des temps partiels plus ou moins subis et des périodes de chômage. Je tiens d’abord beaucoup à ramener l’âge légal à soixante ans sans décote pour ceux qui auront leurs quarante annuités et c’est d’ailleurs mon engagement 52. Et je veux sécuriser les revenus des retraités les plus modestes pour protéger ceux qui auront eu les parcours les plus compliqués. Par ailleurs, je rétablirai les avantages fiscaux dont bénéficiaient les retraités, notamment la demi-part des veufs et veuves et la défiscalisation de la majoration de retraite pour les parents de trois enfants et plus (engagement 54).

Comptez-vous mener une politique spécifique en faveur des retraités ?
Je refuse que le niveau des retraites soit une variable d’ajustement des politiques budgétaires. C’est ce que l’Union européenne a imposé en Grèce et qu’elle risque bien de demander très bientôt à la France aussi. Pour garantir le niveau des retraites, il faut d’abord garantir le niveau de l’emploi, car je suis attachée au système par répartition qui est le coeur de notre système social fondé sur la solidarité. Pour cela, il faut rendre leur compétitivité aux entreprises françaises, et d’abord en sortant de la monnaie unique avec l’Allemagne car nous avons un retard de vingt points de compétitivité par rapport à ce pays rien qu’à cause de l’euro, d’après les analyses du FMI. Sans liberté de politique monétaire, il faudra procéder à une « dévaluation interne », c’est-à-dire à la baisse des salaires et des retraites, sans compter des ponctions sur l’épargne. C’est pourquoi je considère que ma politique souverainiste de libération vis-à-vis du carcan de l’Union européenne est la meilleure proposition possible en faveur des retraités.

Comptez-vous augmenter les retraites ?
Oui, les retraites actuelles ne permettent pas à tous nos concitoyens les plus âgés de vivre de façon décente. Je m’attacherai donc à revaloriser les plus faibles d’entre elles. Je veux me concentrer sur les faibles revenus qui laissent trop de nos compatriotes dans des difficultés insurmontables. C’est pourquoi j’instaurerai une Prime de Pouvoir d’Achat (PPA) à destination des bas revenus et des petites retraites (pour les revenus jusqu’à 1 500 euros par mois), financée par une Contribution Sociale sur les Importations de 3 % (engagement 59). Je veux également mieux contrôler l’évolution les prix de l’énergie (avec une baisse immédiate de 5 % des prix du gaz et de l’électricité). Enfin, une réforme institutionnelle ambitieuse supprimant plusieurs couches du mille-feuilles administratif (UE, région et intercommunalité disparaîtront) permettra de faire baisser les impôts locaux. Je baisserai la taxe d’habitation pour les plus modestes (engagement 141). En effet, agir sur le montant des retraites n’est pas suffisant si les coûts incompressibles de la vie augmentent de façon inconsidérée.

Que comptez-vous faire pour le chômage des seniors ?
Aujourd’hui, la moitié des personnes qui prennent leur retraite ne sont pas en situation d’emploi. Il s’agit donc d’un sujet épineux et prioritaire. Le chômage des séniors est un véritable drame pour l’économie et la société. Bien souvent, après avoir profité de leurs compétences pendant des années, les entreprises considèrent les séniors comme trop chers et préfèrent les remplacer par des juniors, quitte à perdre en expertise et en expérience. Je veux relancer la création d’emplois avec un programme économique fondé sur un État stratège souverain capable de décider où il veut agir et comment sans avoir à se soumettre aux injonctions de Bruxelles. Je réformerai également la formation professionnelle pour qu’elle offre de véritables perspectives de reconversion ou de réinsertion sur le marché du travail (engagement 107), notamment pour les personnes ayant connu des interruptions de carrière, en particulier les femmes. Enfin, je considère que l’État employeur doit montrer l’exemple dans la lutte contre le chômage des séniors et être le premier à leur proposer des solutions. C’est le sens de mon engagement 85 : « Élargir et généraliser le troisième concours de la fonction publique et le réserver aux plus de 45 ans ayant au moins huit ans d’expérience dans le privé. »

Quelles sont vos propositions concernant le minimum vieillesse ?
Je veux que le minimum vieillesse ne puisse pas être inférieur au seuil de pauvreté. Cela me paraît une simple question de justice et de bon sens basique. Cela suppose bien sûr de le revaloriser puisqu’il est trop bas aujourd’hui. C’est l’honneur d’une société de prendre soin de ses aînés pour leur assurer une fin de vie heureuse et active le plus longtemps possible. Je me suis donc explicitement engagée, dans mon projet présidentiel, à « revaloriser le minimum vieillesse (ASPA) partout en France, y compris Outre-mer, et le conditionner à la nationalité française ou à vingt ans de résidence en France, ce qui permettra également d’augmenter les très petites retraites » (engagement 58).

Comptez-vous encadrer les tarifs des maisons de retraite ?
La priorité est de permettre une meilleure prise en charge des personnes dépendantes, ce que je compte faire en créant un cinquième risque pour la dépendance (engagement 69 : « Créer un cinquième risque de Sécurité sociale consacré à la dépendance afin de permettre à chaque Français de se soigner et de vivre dans la dignité »). Cela entraînera une baisse des tarifs des EHPAD. Il faut également veiller à contrôler les conditions de vie des personnes âgées dans les maisons de retraite, notamment celles qui souffrent de troubles cognitifs et ne sont pas en mesure de dénoncer les éventuels mauvais traitements qu’elles peuvent parfois y subir. Mais l’objectif doit être le maintien à domicile le plus longtemps possible. C’est ce que souhaitent les personnes âgées et également ce qui est le moins coûteux pour la Sécurité sociale. Grâce aux nouvelles technologies et aux applications dédiées, on peut aujourd’hui assurer un meilleur suivi des traitements et alerter plus rapidement les secours en cas d’urgence. Je développerai également les maisons de santé dans les zones rurales qui sont devenues des déserts médicaux dans lesquels les personnes âgées ne peuvent plus bénéficier d’un suivi médical digne de ce nom (engagement 138).

Veuillez agréer l’expression de mes salutations distinguées,
Marine LE PEN, Candidate à la présidence de la République.